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jeudi 7 octobre 2010

VAMPIRISME

Les officiants New Age ont ici une démarche fort différente des chamanes andins : si ces derniers font du pago une offrande aux divinités des montagnes ou à la Terre, les Enfants du Verseau y captent quant à eux de l’énergie positive ou se débarrassent par lui de leur énergie négative. Les Indiens donnent pour recevoir ; les new agers prennent ou jettent pour vivre mieux. Dans le premier cas, le pago est le véhicule d’un don ; dans le second, il contient le bienfait recherché dans sa substance même : court-circuitant l’échange, il se présente comme une pile d’énergies positives ou comme une poubelle d’énergies négatives. Dans la tradition andine de l’échange, les objets qui la composent sont destinés à nourrir les dieux. Dans la version californienne, ils sont chargés d’énergie que l’on capte, celle de la « tradition andine » à laquelle participent des millions d’Indiens transformés ainsi en vecteurs énergétiques. (Anthropologue prends garde ! Trois assignations périlleuses sur trois terrains andins par Antoinette Molinié)

Article d'une incroyable lucidité permettant d'entrevoir les dessous magiques des cartes : le vampirisme est-il constitutif de la culture occidentale moderne ? Pour l'imaginaire andin, la figure du pishtaku, sorte de vampire se nourrissant de la graisse des indiens, se projette sur le blanc, le FMI et les néo-chamans.

Lire également à ce sujet : Néocolonialisme spirituel.

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