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mardi 27 octobre 2009

AGHORI

Narsingh, l'aspect terrible de Vishnu

Du sanskrit « A-Ghor », « Ce qui n’est pas terrible », « sans peur », « absence de difficultés », le terme désigne les adeptes d’un courant de l’hindouisme dont les origines historiques demeurent peu connues. Apparentés au Shivaïsme tantrique, les aghoris ont la réputation, en Inde, d’utiliser des pratiques subversives, telles que la consommation d’alcool et de drogues, ainsi que la méditation sur des lieux considérés comme impurs par la société hindoue, comme les crématoires (Smashan). Autant de moyens d’accéder à la libération de l’esprit, et à l’émancipation finale du cycle des réincarnations (Moksha). On peut distinguer comme principaux foyers des aghoris, Varanasi dans l’Uttar Pradesh (Bénarès), Girnar dans le Gujurat, Tara peeth au Bengale, Kamakhya en Assam, et Pashupatinath au Népal (Katmandou).

On trouve pour la première fois l’utilisation du terme « Aghor » dans l’Atharva Veda. Il fait opposition à « Ghora », qui désigne la difficulté, ce qui fait obstacle à la félicité (Ananda), ce qui induit l’ignorance (Avidya). La divinité (Prajapati) y prend à la fois la forme du chemin (Aghora) et de l’obstacle (Ghora). Aghora désigne donc une « voie » possible pour l’homme, menant à la divinité. Par extension, on désigne aussi les aghoris comme adeptes de la voie « sans obstacles ».

Le Shiva Purana, ainsi que le Linga Purana décrivent « Aghora » comme l’un des cinq aspects de Shiva. Cet aspect se révèle dans la couleur noire, symbole d’extinction, et constitue la face Sud du Linga (Dakshinamurti). Certains aghoris, notamment provenant des cultes tantriques du Bengale, revêtent ainsi la robe noire, en s’identifiant à cette forme de la divinité.

La plupart des spécialistes du tantrisme s’accordent à dire que le mouvement Aghor provient des Kapaliks, les porteurs de crâne, une secte tantrique originaire du Kashmir dont les adeptes, des sâdhus revêtus de noir, effectuent leurs rites, se nourrissent et mendient à l’aide d’un bol fait de la partie supérieure du crâne humain (Kapal). On retrouve des indices écrits de la secte dans des œuvres satiriques du théâtre bengali médiéval, mettant en scène ses adeptes dans des situations scandaleuses. Des références existent également quant à l’utilisation de crânes humains dans le bouddhisme vajrayana et de nombreux chamanismes en général...

« Je, Aghoreshwar, me meus librement partout, en tous temps. Je, Aghoreshwar, suis présent dans les rayons du soleil, dans les rayons de la lune, dans les molécules de l’air, dans chaque goutte d’eau. Je, Aghoreshwar, suis présent dans tous les êtres de la terre, dans les arbres, les vignes, les fleurs, dans la végétation. Je, aghoreshwar, suis présent dans chaque atome de l’espace, entre la terre et le ciel. Je suis dans la lumière et aussi dans les ténèbres. J’ai une forme, et Je suis sans formes... »(Aghoreshwar Baba Bhagvan Ramji)
(Lire la suite de cet excellent article de Morgan sur Wikipedia)

Collage JLC

3 commentaires:

marc.foster-5eonhv0@yopmail.com a dit…

Bonjour,

C’est louable de votre part de faire connaître ces mots aux Internautes, je vous facilite pour cela. Sinon pour ma part je vais apporter quelques éclairage ou compléments d’information. Pour commencer le «a» en sanskrit c’est le préfixe en sanskrit pour désigne l’opposition ou la négation ex. ahimsa (a-himsa > non-violence, himsa > violence). De même aghora qui veut dire terrifiant est l’opposé de ghoram (embellissant). Ces pratiques ont existé bien avant l’hindouisme, comme les kapalikas ou les muni’s (black-face, face-noire). L’idéologie consiste à dire que tout est «unité», tout est création de dieu, le mal, le bien, la pureté ou l’impureté, par conséquent tout n’est qu’un. D’où la pratique des aghoris (adhérent du dogme a-ghora) peut paraître subversive aux yeux des communs des mortels. Je vous invite a voir le film «Naan kadhavul» connu aussi sous le nom «Aham brahamsi» qui veut dire, je suis dieu, je suis tout.

Bien cordialement.

Mais qui donc? a dit…

Bonjour,

Je vous remercie pour ce commentaire, toutefois, pour ce qui est de l'étymologie en sanskrit, c'est bien de l'inverse dont il s'agit. "Ghora" signifie épouvantable, terrifiant, laid. Tandis qu'en ajoutant le préfixe "a", on obtient "Aghora": "non-terrible".

http://sanskrit.inria.fr/DICO/d25.html

Baba Bhagvan Ram confirme d'ailleurs cette étymologie dans la plupart de ses allocutions sur le sujet (je vous invite à consulter la bibliographie de l'article).

J'ai vu le film Naan Kadhavul. Il me semble qu'il donne une image très caricaturale de ce que peut être un aghori: violent, prétentieux, nonchalent...Loin de ce que j'ai vu en Inde.

Morgan

Anonyme a dit…

beaucoup appris

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