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vendredi 18 septembre 2009

NOTES SUR TIWANAKU

Un Petit aide mémoire à fins presque personnelles : La porte du Soleil n'est pas actuellement à sa place d'origine. Elle a été reconstituée par Posnansky mais pas au bon endroit. Elle se trouve donc isolée, orpheline et manifestement non reliée à l'ensemble, à l'extrêmité Nord-Ouest du Temple de Kalasasaya. Sur le plan ci-dessus, elle est située face au monolithe Ponce qui est parfaitement aligné et centré sur l'entrée Est de Kalasasaya. La situation actuelle de la porte du Soleil au Nord-Ouest ne permet guère de rapports d'orientation. Mais au regard du monolithe Ponce, cette orientation existait bel et bien, comme on peut le remarquer sur ce plan oú la porte du Soleil donnait accès à une petite structure couverte. Les petroglyphes de la porte du Soleil le démontrent : celle-ci est, dans son état actuel, incomplète. Elle était probablement flanquée à l'origine de deux portiques lunaires et occupait la place du petit autel (voir plus bas) à partir duquel sont actuellement prises les mesures astronomiques de l'ensemble des angles formés par le Kalasasaya.

Certaines figures symboliques de Tiwanaku expliquent fort bien le passage de la constellation de la Croix du Sud (Sud qui est le Nord indigène et l'élément céleste indiquant la direction à suivre) à la Chakana, puis à la Wiphala, le drapeau Andin. J'ai pu prendre deux de ces photos dans les salles inaccessibles au public car Don Javier a ses petites entrées à Tiwanaku. On commence donc par la première croix à 0 degrés, la plus élémentaire. Elle porte un losange au centre qui représente la Croix du Sud. On passe ensuite à la Croix de degré 1, la plus connue et la plus représentée sur les bijoux en argent, puisqu'elle sert de base aux mesures des cycles agricoles, aux huit fêtes indigènes et à bien d'autres choses encore, comme par exemple la division des trois espaces-temps, les sept niveaux de conscience, etc. C'est une croix à treize pointes. Et enfin, dernière évolution, on en arrive à la Chakana de degré deux. Or, il suffit de prolonger toutes les lignes de cette croix pour obtenir un carré de sept sur sept : La Wiphala. Tous les escaliers de Tiwanaku ont sept marches, tandis que la pyramide d'Akapana a sept degrés. Notons que les croix représentées sont très souvent dessinées en creux, ou encore que leur centre est vide, ce qui a un sens très important pour la cosmovision andine. Concernant la Wiphala, cette dernière cache dans sa simplicité des codes et des tables de calcul (1) qui ne sont pas sans rapport avec les pétroglyphes de la Porte du Soleil et laissent perplexe quant aux connaissances mathématiques que possédaient les indigènes de Tiwanaku.

Ces connaissances mathématiques et architecturales leur permirent de réaliser par exemple ces types l'alignements. On voit ici comment les diagonales aux solstices s'alignent sur les montagnes sacrées : Le soleil se lève sur l'Illimani á l'angle sud-est exact de Kalasasaya au solstice d'été et sur l'Illampu à l'angle exact sud-ouest au solstice d'hiver. Enfin, il se lève pile au centre, sur le Huayna Potosi, aux deux équinoxes. L'emplacement de Tiwanaku a donc été choisi selon ces critères et vu par satellite, le triangle Tiwanaku, Illimani, Illampu est un triangle parfait. Les distances entre les points de ce triangle sont bien sûr si importantes que les montagnes ne sont pas visibles depuis le site de Tiwanaku. La pierre à partir de laquelle toutes ces mesures sont prises est celle que l'on voit au premier plan, ce petit autel brisé du Temple de Kalasasaya. La porte du Soleil se trouvait probablement juste derrìère, à moins que cet autel ait été à l'interieur même de la structure couverte à laquelle donnait accès la porte du Soleil.

Comme on peut le voir sur le plan, il y avait au sommet de la pyramide d'Akapana, un immense bassin en forme de chakana. Ce bassin était rempli d'eau à certaines époques de l'année pour que les sages puissent y observer les étoiles. Toujours indirectement, à travers un miroir. Ce qu'on voit dans le lac, le miroir, a un rôle très important dans la cosmovision andine oú même les tissus suivent une disposition symétrique en miroir. C'est souvent le reflet de la montagne dans le lac plutôt que la montagne elle-même, qui révèle le visage de l'esprit sacré qui l'habite. Il existe une moitié du monde que le monde ne connait pas et que seuls les sages peuvent voir. Le 3 Mai, jour de la fête indigène de la chakana, est aussi le jour chrétien de la Sainte Croix. Ce jour-là, cette constellation apparaît au zénit exact de la pyramide d'Akapana. Comme on le remarque sur la seconde photographie, les espagnols ont creusé un immense cratère au sommet de la pyramide, pensant qu'il y avait de l'or à l'intérieur. La chakana en forme de bassin a donc disparu et il n'en subsiste que quelques vestiges. Une double rangée de 7 pierres magnétiques partait de la chakana en direction de l'est. On constate sur la dernière photo que la boussole s'affole lorsqu'on s'approche de ces pierres. Ce dispositif technique est plutôt étrange et l'on se demande à quoi il pouvait bien servir. On dit que Viracocha était expert dans le maniement de l'énergie et plus particulièrement du cinquième élément. Un vieil Amauta du nom d'Angel, m'expliquait l'autre jour que les montagnes sacrées vers lesquelles s'oriente Tiwanaku sont également très chargées en minéraux et que le dispositif de Tiwanaku crée une immense conjonction de forces cosmo-telluriques.

Il semble que la culture de Tiwanaku ait bien connu les différentes fonctions du cerveau. On a retrouvé à Tiwanaku des crânes trépanés ainsi que les preuves que les personnes ayant subi cette opération avaient vécu longtemps après. Les instruments chirurgicaux utilisés sont tout aussi remarquables. Quant aux pratiques de déformations craniennes, dont on trouve trace également chez les Mayas et les Incas, elles ont probablement un autre rôle qu'esthétique puisque l'on sait que les personnes l'ayant subie faisaient partie d'une corporation particulière. Reste à savoir quelles zones du cerveau sont ainsi stimulées ou inhibées et à quelles fins.

Non, ces monolithes n'ont pas eu peur d'Isabelle Ardieff et ne cachent pas pudiquement leurs seins. Les trois grands monolythes (Bennett, Fraile et Ponce) représentés dans cette attitude si caractéristique, tiennent dans leur main droite un sceptre et dans leur main gauche une coupe. Ils ont tous le signe de Viracocha dans le dos, mais surtout, ils comportent tous une anomalie évidente que personne jusqu'ici n'avait jamais signalée. Observez bien... La main droite est dans une position impossible. Si les pouces sont tout-à-fait normaux, les autres doigts sont tournés vers l'extérieur, dans une position qui n'est pas vraiment naturelle. Encore quelque chose que l'on avait sous les yeux pendant des années sans l'avoir jamais remarqué. Je ne sais quelle explication les spécialistes vont bien pouvoir trouver à cela, mais pour moi, il ne fait aucun doute que ceci représente les fonctions magnétiques de la main gauche et de la main droite telles que les kallawayas me les ont enseignées, ainsi que les rôles féminin et masculin de la main gauche et de la main droite.

Et enfin, phénomène plus connu des touristes, ces trous dont est perçée la paroi nord du temple de kalasasaya démontrent les connaissances des tiwanacotes en matière d'acoustique. De l'autre coté, là oú l'on célèbre le rite, on peut parler doucement, même par grand vent, à une distance de 50 mètres et être entendu par ce trou dont l'intérieur est en tout point semblable à un canal auditif humain.

Ceci, et bien d'autres choses encore, fait que la culture Tiwanacote, bien plus ancienne que la culture Inca à laquelle elle donna naissance et science, soit bien plus impressionnante à mes yeux que celle de l'Empire Inca, qui capte par trop l'attention des gens peu imformés. On croit souvent que la culture andine se résume à la culture Inca, ou que la chakana est LA croix Inca, alors que ce symbole concerne tout le monde andin et est bien antérieur à l'Empire Inca.

Miroirs : Ou comment le Machula de Tata Illampu se reflète dans les eaux du lac Chillata (2)
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NOTES :
(1) Le site vers lequel je renvoie n'est guère sérieux mais l'étude en elle-même oui. C'est tout ce qui reste d'ailleurs sur le travail, devenu introuvable, des trois scientifiques boliviens Xavier Amaru Ruiz, Jorge Emilio Molina et Jorge Miranda, concernant ce qu'ils ont appelé : La Tetralectique de Tiwanaku.

(2) Ce site est celui de la Communauté Sariri animée par l'Amauta Fernando Huanacuni. Ce dernier, que j'ai eu la chance de rencontrer, est également le chef du protocole des cérémonies indigènes organisées par le gouvernement Morales. On note malgré tout l'influence New Age de certains concepts utilisés par cette communauté, ainsi qu'une vision parfois influencée par ce qu'il est convenu d'appeler la neo-spiritualité occidentale ou spiritualité seconde. C'est pourquoi je préfère à ces conceptions, celles bien plus pures - parfois à l'excés d'ailleurs - d'un autre Amauta : Edmundo Pacheco. Mais il n'y a malheureusement pas d'informations sur le web concernant ce remarquable chef du conseil des Amautas.

1 commentaire:

LNOM a dit…

Le site est très intéressant ;)

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