(...) On peut le voir de cette façon : La magie est la flexibilité de la réalité, qui est niée par le système consensuel établi et ses manipulations. Cette flexibilité peut être utlisée par le magicien de façon consciente et volontaire, mais s’il s’agit réellement d’un magicien, cette flexibilité se manifeste d’elle-même, devant lui, spontanément. L’inébranlable détermination à se libérer des attaches névrotiques aussi bien externes qu’internes, le contact intime avec d’autres réalités, font de la magie une expérience qui cesse réellement d’être MAGIQUE si on remplace le vécu individuel et libre des réalités invisibles par un corps dogmatique, comme peut l’être une religion par exemple, ou la plupart des paradigmes qui, aujourd’hui, se déclarent magiques. Jamais un groupe trop important ne peut se rendre compte de l’irréalité du monde consensuel. Cela commence toujours par l’individu. Et le sujet qui s’en rend compte a tendance, ingénu qu’il est, à le communiquer. Il a tendance à dire aux autres : Eh ! Regardez, toutes les réalités sont connectées et il y a un autre lieu où l’on peut se rendre qui est celui qui les perçoit, ces réalités". Et le groupe, lorsqu’il ne peut assumer toutes les conséquences de cette découverte, a tendance à organiser des activités sociétales ou tribales qui canalyseront ce sentiment d’éveil au point de les en protéger, sous pretexte de le célébrer et de le proclamer. La CENSURE COLLECTIVE agit, créant ainsi la réalité consensuelle.
La magie est donc avant tout une expérience personnelle, bien qu’identifiable aussi chez les autres. Elle est aussi transmissible à autrui, à condition que l’on soit toujours conscient du flux et du reflux de la censure.
La magie comporte une certaine expérience du surnaturel, ou simplement un contact avec d’autres réalités, telles quelles, sans besoin d’aucune sorte de religion canalysant les expériences ou leur donnant quelque épithète théiste, panthéiste ou autre. Etre magicien implique nécessairement que l’on soit NON-RELIGIEUX, au sens où il n’est pas nécessaire de RATTACHER-RELIER quoique ce soit de ce que le magicien expérimente par nature à une forme institutionnalisée du domaine religieux. Le magicien est non-religieux mais nous verrons plus tard qu’il n’est pas dépourvu, loin s’en faut, d’une nature mystique vide d’objectivisation.
Certains aimeraient croire qu’on peut considérer la magie comme n’étant que la transformation même de la réalité, laissant de coté ce qu’ils pourraient découvrir sur ce qu’ils ne voient pas. Ils souhaitent simplement continuer à croire en ce qu’ils considèrent à leur goût, confortablement.
Ce qu’ils peuvent découvrir atteint alors un prix de plus en plus coûteux : la confrontation à soi-même. Et pas de n’importe quelle façon, mais individuellement, de sorte que le chemin des autres ne sera jamais le nôtre, en dépit de toute ressemblance avec celui de tel ou tel.
Sur le chemin du changement, il nous faut accepter une chose : le changement sera beaucoup plus profond que nous pouvions l’imaginer avant de commencer à changer. Le but lui-même du changement va varier au cours du processus de transformation. Nous sommes en terre incertaine.
L’expérience individuelle du sacré, ou plutôt, du numineux, pour utiliser un terme qui n’ajoute pas de connotations religieuses, est sans aucun doute une expérience magique.
La socialisation et collectivisation de l’expérience numineuse est ce que nous appelons Tradition.
L’expérience surgit toujours au niveau individuel et doit être transmise pour créer cette socialisation qui la canalyse ou, mieux encore, pour induire des courants d’insurrection dans la réalité consensuelle et hypnotique.
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Dames et chevaliers aucunistes, tous aspirants. Ceci est essentiel en magie. Il y a une différence entre être capable de magie et croire que l’on est capable de magie. La réalité, toute réalité comporte une nature onirique. Mais dire cela, l’entendre, et même le savoir de mémoire, ne signifie pas qu’on le comprenne vraiment.
Le comprendre et Rêver (croire) qu’on le comprend n’est pas la même chose.
J’invite, comme il se doit, à la révision des connaissances que vous êtes supposés avoir sur l’immensité du rêve, à la révision de vos sentiments sur les "énergies" et les "vibrations", mots utilisés à l’excés dans les modèles magico-spirituels. Ces modèles le plus souvent ne sont rien d’autre que ce que nous CROYONS SAVOIR, comme si nous étions en réalité en train de seulement Rêver que nous savons.
Car si nous nous sommes rendu compte une fois de tout cela, en le convertissant à nouveau en modèle magico-spirituel, en le donnant pour acquis, nous avons cessé de nous en rendre compte, pour simplement rêver que nous nous en rendions compte. C’est l’honnête et terrible bilan de notre errance dans le rêve qui se répète perpétuellement, à peine perturbée par quelque bref instant de réveil.
Il est nécessaire d’activer la connaissance magique à l’intérieur de soi, sans quoi nous n’aurons qu’une image onirique de la magie. Une apparence de magie qui se convertit en simple croyance - même si elle comporte quelque pratique - parce qu’elle se met à tourner en boucle dans notre mémoire et notre vie ; une apparence qui fait partie du masque occasionnel dont nous a revêtu le rêve de la vie. (...)
( Agente 373, IM. l 1, § 1 & 2 (c) copyright 2007))
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